Taïwan : la Chine déclare avoir « atteint tous ses objectifs » lors de deux jours d’« exercices » militaires autour de l’île

Un avion de chasse taïwanais décolle pendant que l’armée chinoise fait des manœuvres militaires au large de l’île, le 2 avril 2025. I-HWA CHENG / AFP

Au terme de deux jours d’opérations, la Chine a annoncé mercredi 2 avril avoir « atteint tous ses objectifs » dans le cadre de grandes manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan.

Au lendemain d’importantes manœuvres simulant un blocus de Taïwan qu’elle revendique, Pékin avait lancé mercredi une nouvelle opération sous le nom de code « Tonnerre dans le détroit-2025A ». Cette dernière avait pour objectif de tester les capacités des troupes en matière de « contrôle des zones » et de « blocus », a déclaré Shi Yi, porte-parole du commandement du théâtre oriental de l’armée chinoise, dans un communiqué. Elle a consisté en des « exercices de tir réel à longue portée » et des simulations de « frappes sur des ports et des infrastructures énergétiques-clés » a-t-il ensuite précisé.

La Chine a déployé son porte-avions Shandong, qui a mené des exercices impliquant « la coordination navire-avion, la prise de contrôle de la supériorité aérienne de la zone et des frappes sur des cibles terrestres et maritimes ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les incursions chinoises éprouvent Taïwan et ses pilotes de chasse : « Ils disent “c’est chez nous, on fait ce qu’on veut” »

Mardi, la Chine avait mobilisé des forces terrestres, navales et aériennes autour de l’île, entraînant l’envoi d’avions et de navires par Taipei et le déploiement de ses systèmes de missiles. Le ministère de la défense taïwanais, a détecté, entre mardi (6 h 08) – 00 h 08, heure de Paris – et mercredi (5 h 30) – 7 h 30, heure de Paris –, 27 avions chinois, 21 navires de guerre, dont le porte-avions Shandong et 10 bateaux de gardes-côtes, a déclaré un responsable de la défense à la presse.

Il s’agit du nombre le plus élevé de navires de guerre détectés en une seule journée depuis près d’un an, et le plus grand nombre d’avions depuis octobre 2024.

Ces exercices, qui n’avaient pas été annoncés, surviennent quelques jours après une tournée en Asie du secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, qui a affirmé que Washington assurerait la « dissuasion » dans le détroit de Taïwan.

La Chine « met en danger » la sécurité régionale, selon Washington

Le détroit de Taïwan, zone de passage-clé pour le transport maritime mondial, est un point de tension majeur entre grandes puissances, en particulier la Chine et les Etats-Unis. La Chine a mené plusieurs exercices à grande échelle autour de Taïwan ces dernières années, déployant avions de chasse et navires de guerre pour appuyer sa revendication de souveraineté, rejetée par Taipei. Ces manœuvres sont souvent décrites par les experts comme des répétitions pour un encerclement de l’archipel. Les analystes estiment que la Chine est plus susceptible de tenter un blocus de Taïwan que de lancer une invasion totale, qui serait plus risquée et nécessiterait un déploiement militaire massif.

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

A Washington, le département d’Etat a accusé la Chine de « mettre en danger » la sécurité régionale, tandis que la Maison Blanche a réitéré « l’opposition des Etats-Unis à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo par la force ou la coercition ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En tournée dans le Pacifique, le chef du Pentagone souligne l’engagement militaire américain face à la Chine

« Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions », a déclaré une porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne, Anitta Hipper.

Le président taïwanais qualifié d’insecte « parasite »

Le Parti communiste chinois n’a jamais gouverné Taïwan, mais il n’exclut pas l’usage de la force pour en prendre le contrôle. Pékin est particulièrement hostile à l’égard du président, Lai Ching-te, élu démocratiquement en 2024, qui affirme que Taïwan est « déjà un pays indépendant » et a récemment qualifié la Chine de « force hostile étrangère ». Mardi, l’armée chinoise a ainsi publié une vidéo représentant le dirigeant taïwanais en insecte « parasite » brûlant sur un brasier. « Tant que les provocations liées à l’indépendance de Taïwan continuent, les punitions anti-indépendance ne s’arrêteront pas », a déclaré, mercredi, le porte-parle du ministère des affaires étrangères chinois, Guo Jiakun, lors d’une conférence de presse.

Les revendications du Parti communiste chinois à propos de Taïwan remontent à 1949, lorsque les Républicains chinois s’y sont réfugiés après leur défaite face à l’armée communiste. L’île principale de Taïwan, peuplée par des peuples autochtones depuis des milliers d’années, a été partiellement contrôlée par les Espagnols, les Hollandais, la dynastie chinoise des Qing, puis intégralement par le Japon jusqu’en 1945.

La Chine s’oppose au soutien de Washington. Si les Etats-Unis sont le principal fournisseur d’armes de Taipei depuis des décennies, ils entretiennent une « ambiguïté stratégique » quant à leur intervention en cas d’attaque chinoise.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Gaza: l’ONU dénonce une « guerre sans limite » après la découverte d’une « fosse commune » de secouristes

Le secrétaire général de l’ONU se dit « choqué » par les attaques de l’armée israélienne sur un convoi médical et qui ont fait au moins 15 morts parmi les secouristes.

La « fosse commune » où 15 secouristes ont été retrouvés à Rafah après des tirs israéliens sur des ambulances, met en lumière la « guerre sans limite » menée par Israël à Gaza, a dénoncé mercredi l’ONU, tandis que son patron se disait « choqué ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est « choqué par les attaques de l’armée israélienne » contre ce convoi médical et de secours, a déclaré mercredi son porte-parole Stéphane Dujarric.

Il « réclame une enquête complète, minutieuse et indépendante » sur toutes les attaques contre les humanitaires, alors que ces 15 nouveaux morts retrouvés enterrés il y a quelques jours à Rafah portent à « au moins 408 » le nombre d’humanitaires tués dans le territoire palestinien depuis le 7 octobre 2023, a-t-il ajouté. Tout en se disant « profondément alarmé » par le nouveau bilan de plus de 1.000 personnes tuées depuis la reprise des opérations militaires israéliennes.

Lors d’une conférence de presse par vidéo depuis Gaza, le responsable du Bureau des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha) dans les territoires palestiniens, Jonathan Whittall, a raconté « l’expérience choquante » d’avoir participé à la mission ayant découvert ce qu’il a qualifié de « fosse commune ».

« Tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies »

Les 15 secouristes et humanitaires, dont huit du Croissant-Rouge palestinien et un de l’ONU, étaient « toujours dans leurs uniformes, avec leurs gants, tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies », a-t-il lancé.

« Les ambulances ont été touchées une par une », a-t-il détaillé, décrivant les véhicules détruits à côté de cette « fosse commune ».

Ocha avait dit mardi que la première équipe avait été tuée par les forces israéliennes le 23 mars, et que d’autres équipes d’urgence et d’aide avaient été frappées l’une après l’autre pendant plusieurs heures alors qu’elles cherchaient leurs collègues disparus.

« Je commence par ce cas parce que je pense qu’il est très emblématique du point que nous avons atteint à Gaza: ce qui se passe ici défie la décence, défie l’humanité, défie la loi. C’est vraiment une guerre sans limite », a dénoncé Jonathan Whittall.

« Quand le cessez-le-feu tenait, nous pouvions livrer de l’aide (…). Maintenant, nous collectons les corps de secouristes ».

Reprise des bombardements israéliens depuis deux semaines

Après plusieurs semaines de cessez-le-feu, Israël a repris le 18 mars ses bombardements sur le petit territoire palestinien et a annoncé mercredi l’extension de ses opérations militaires pour s’emparer de « larges zones » de la bande de Gaza.

En raison notamment des ordres d’évacuation, désormais « 64% de Gaza n’est pas accessibles à la population », a noté le responsable onusien, précisant que quelque 200.000 personnes ont été « redéplacées » depuis la fin du cessez-le-feu, dont environ 100.000 ces derniers jours à Rafah.

Et alors qu’Israël a mis un coup d’arrêt à l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza le 2 mars, « la situation humanitaire devient hors de contrôle », a-t-il insisté, notant que les 25 boulangeries gérées par le Programme alimentaire mondial de l’ONU étaient toutes fermées depuis mardi.

« C’est une boucle sans fin de sang, de souffrance et de mort. Gaza est devenu un piège mortel », a-t-il lancé. « Mes collègues me disent qu’ils veulent juste mourir avec leur famille. Leur peur la plus grande est de survivre seul ».

Source

Les films à l’affiche : « Jeunesse (les Tourments) », « Ce n’est qu’un au revoir », « Deux sœurs » …

LA LISTE DE LA MATINALE

Une semaine faste avec le regard de Wang Bing sur les ouvriers migrants du textile, en Chine, mais aussi le diptyque de Guillaume Brac sur les amitiés lycéennes, ou encore un portrait déchirant dans Deux Sœurs, de Mike Leigh…

Chef-d’œuvre

« Jeunesse (Les Tourments) » : en Chine, le blues de la machine à coudre

Nature morte au garçon torse nu, à sa machine, tenant sous chaque bras des piles de jeans à surpiquer. Bientôt six mois que les jeunes des ateliers de Zhili, à 150 kilomètres de Shanghaï, en Chine, s’échinent à coudre des vêtements pour enfants.

A l’étage au-dessus, les lits de camp superposés. Le 31 décembre approche, c’est l’heure des comptes avant le retour dans les familles, à la campagne. Ici un patron s’est volatilisé après avoir tabassé un fournisseur. Ailleurs un employeur refuse de payer un jeune qui a perdu son carnet, où sont consignées les heures effectuées.

Tournée de 2015 à 2019, la trilogie Jeunesse, du cinéaste et plasticien Wang Bing, capte le vertige du travail payé à la pièce, dans une série de portraits fugaces, se succédant sans transition. Dehors, les monochromes gris des hangars, que viennent colorer le rouge et le bleu des baluchons. Après Jeunesse (Le Printemps), le deuxième volet, Les Tourments, sonde la mélancolie de ces filles et garçons à peine sortis de l’adolescence, ne sachant pas à l’avance combien ils seront payés. Ils en sont réduits à faire des pronostics. « Pas de fric, pas de fille, pas de vie », résume l’un d’eux. Cl. F.

Il vous reste 92.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Le CICR alerte sur le nombre « sans précédent » de disparus dans le monde lors des conflits

Au total, plus de 56.000 nouveaux disparus lors des conflits ont été enregistrés en 2024, portant le total de cas actuellement suivis par le CICR à près de 255.000, selon les chiffres dévoilés mercredi 2 avril.

Le nombre de personnes disparues lors des conflits dans le monde atteint un niveau « sans précédent », avec plus de 56.000 nouveaux cas enregistrés en 2024, a alerté mercredi 2 avril le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), une inquiétude partagée par l’ONU.

« Le CICR enregistre des nombres sans précédent de personnes disparues », a déclaré Fernando Fornaris, conseiller aux affaires humanitaires du Comité, lors d’une session de l’Assemblée générale de l’ONU consacrée à ces disparus.

Ainsi, plus de 56.000 nouveaux disparus ont été enregistrés en 2024, portant le total de cas actuellement suivis par le CICR à près de 255.000, selon les chiffres dévoilés mercredi.

La hausse « la plus importante depuis au moins 20 ans »

Ces 56.559 nouveaux cas représentent « l’augmentation la plus importante depuis au moins 20 ans », a déploré lors de cette réunion le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk.

Le résultat d’un « nombre sans précédent de conflits à grande échelle » et du « mépris pour le droit humanitaire international », a-t-il commenté.

Humanitaires tués à Gaza dans une frappe israélienne: que s’est-il passé?

Et pourtant « la souffrance de ne pas savoir ce qui est arrivé à l’un de ses proches est l’une des pires choses qui puissent arriver », a insisté le Haut-Commissaire. « Cela ne s’apaise jamais, quel que soit le temps qui passe ».

Lors de ces guerres, les gens disparaissent parce qu’ils sont « tués, torturés et maltraités, kidnappés, détenus de façon arbitraire », ou parce qu’ils ont fui, a-t-il noté.

« Plus de 62.000 cas de disparitions forcées »

Mais il faut ajouter à ces chiffres « les dictatures militaires (qui) pendant des décennies ont fait disparaître des gens dont le sort n’est toujours pas connu », ainsi que les conséquences actuelles de la répression dans certains États, « y compris en lien avec les mesures antiterroristes », ou tous ceux qui disparaissent sur les routes migratoires.

« L’ampleur est immense. Les chiffres vont de dizaines de milliers de personnes disparues dans certains pays à bien plus de 100.000 dans d’autres », a-t-il estimé.

Ces 45 dernières années, sous l’égide du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires a géré « plus de 62.000 cas de disparitions forcées dans 115 pays », mais « malheureusement, ce n’est que la partie émergée d’un immense iceberg », a-t-il ajouté.

Source

Marine Le Pen contre-attaque après sa condamnation, dans l’espoir de sauver sa candidature à la présidentielle de 2027

La leader du Rassemblement national, Marine Le Pen, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 1ᵉʳ avril 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Les cravates sont desserrées. La normalisation a fait place à la bordélisation. Le Rassemblement national (RN) comme à ses heures les plus radicales, avant le changement de nom, avant le ravalement, avant les porte-parole aux éléments de langage millimétrés sur les plateaux de télévision. Sonnée par le jugement prononcé lundi 31 mars contre elle, la leader du parti, Marine Le Pen, est remontée à cheval et donne l’assaut au fantasmagorique « système ». Le rodéo populiste promet de durer jusqu’à l’été 2026, date de la décision en appel, comme l’a annoncé la cour d’appel de Paris.

Médias, Assemblée nationale, prise à témoin du premier ministre, ciblage des magistrats, rassemblements de rue : la députée du Pas-de-Calais et ses troupes ont décidé de mettre le « système » sous pression maximale dans l’espoir d’obtenir, dans un an, une décision différente qui lui permettrait de se présenter une quatrième fois à l’élection présidentielle. L’offensive a aussi le mérite de détourner le regard du fond du dossier, soit un détournement de fonds du contribuable européen au profit de son parti et de ses proches, pour plus de 4 millions d’euros.

Il vous reste 84.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Droits de douane américains: le Parlement brésilien adopte une loi de riposte après les annonces de Trump

Le gouvernement brésilien a adopté une loi dite « de la réciprocité » pour permettre l' »adoption de contre-mesures » face aux choix du président américain qui a annoncé mercredi une rafale de droits de douane sur le monde entier.

Le Parlement brésilien a adopté mercredi 2 avril une loi qui donne au gouvernement des moyens pour répliquer à des barrières commerciales à ses exportations, peu après l’annonce de droits de douane de 10% imposés au Brésil par Donald Trump.

Nommée « loi de la réciprocité », la loi brésilienne a été votée dans une rare unanimité par les partis présents à la Chambre des députés, au lendemain d’un vote favorable au Sénat.

De son côté, dans un communiqué, le gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a dit « regretter la décision prise aujourd’hui par le gouvernement américain d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10% à toutes les exportations brésiliennes vers ce pays ».

« Adoption de contre-mesures »

La mesure visant la première puissance économique d’Amérique latine a été officialisée un peu plus tôt par le président américain, qui a annoncé une rafale de droits de douane contre des pays du monde entier, dans le cadre d’une colossale offensive protectionniste.

Droits de douane : le coup de massue de Trump – 02/04

« Le gouvernement brésilien évalue toutes les possibilités d’action pour assurer la réciprocité dans le commerce bilatéral, y compris le recours à l’Organisation mondiale du commerce », a souligné Brasilia dans son communiqué signé des ministères des Affaires étrangères et de l’Industrie.

La loi dite « de la réciprocité » permet au gouvernement du Brésil l' »adoption de contre-mesures » pour répondre à des « actions, politiques ou pratiques unilatérales d’un pays ou d’un bloc économique qui impactent négativement la compétitivité internationale de biens et produits brésiliens ».

L’exécutif aura la possibilité de décider de suspendre « des concessions commerciales, des investissements et des obligations liées aux droits de propriété intellectuelle ».

Source

François Ruffin propose d’incarner une union de la gauche pour la présidentielle de 2027

François Ruffin, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 12 mars 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), une longue file d’attente s’étire de la Marbrerie, une salle de concerts, jusqu’au métro. Un public jeune et bobo se presse au meeting du député de la Somme François Ruffin. Ce mardi 1er avril, l’ex-journaliste est venu donner le coup d’envoi d’une campagne désormais tournée vers la présidentielle de 2027. Sur scène, une fanfare joue Bella Ciao, chant de révolte italien devenu hymne de résistance. Sagement assis dans les premiers rangs, un parterre d’élus de toutes les nuances de la gauche, communistes, écologistes et socialistes. Local de l’étape, le député Alexis Corbière prend la parole en premier et fait scander « Unité ! », « Unité ! », « Unité ! » « Il faut que la force se lève, assez de divisions »,hurle l’élu qui tente de mettre du liant dans la difficile union de la gauche.

Il est 21 heures quand François Ruffin monte sur scène. Le pupitre porte l’intitulé de cette nouvelle campagne, baptisée « Notre France », qui fait office de miroir inversé de « la nouvelle France » de Jean-Luc Mélenchon, qui désigne cette France issue de l’immigration. Un concept qui divise plus qu’il ne rassemble, pour le député de la Somme.

Il vous reste 85.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Allemagne: une plateforme internationale de pédopornographie de 1,8 million d’utilisateurs démantelée

Après trois ans d’enquête, 79 personnes ont été arrêtées, dont des Allemands et Britanniques, plus de 3.000 appareils électroniques ont été saisis et 39 enfants ont été placés sous protection, a indiqué Europol mercredi dans un communiqué.

Quelque 91.000 vidéos d’abus sexuels sur des enfants et 1,8 million d’utilisateurs dans le monde: après trois ans d’enquête, les autorités allemandes ont démantelé l’une des plus vastes plateformes pédopornographiques abritées sur le darknet.

Il s’agit de la plus grande opération contre ce type de cyberdélinquance dans l’histoire d’Europol, a affirmé mercredi 2 avril l’agence européenne de coordination policière, soutien des autorités allemandes dans le démantèlement de « KidFlix ».

Créée en 2021 par un cybercriminel qui a engrangé de juteux profits, KidFlix était « l’une des plateformes de vidéos les plus populaires chez les pédophiles », a décrit Europol, basé aux Pays Bas.

39 enfants placés sous protection

Après des perquisitions dans 31 pays, entre le 10 et 23 mars, 79 personnes ont été arrêtées, dont des Allemands et Britanniques, plus de 3.000 appareils électroniques ont été saisis et 39 enfants ont été placés sous protection, a indiqué Europol dans un communiqué.

« Parmi les suspects arrêtés pour avoir partagé et distribué du matériel pédophile, certains n’ont pas seulement chargé et regardé les vidéos mais ils ont aussi abusé d’enfants », a souligné l’agence.

Comment sont identifiés les pédocriminels sur internet ?

« Déception » pour les enquêteurs : jusqu’à présent, il n’a pas été possible « d’identifier l’exploitant de ce site », a déclaré le procureur Thomas Goger du parquet général de Bamberg (sud de l’Allemagne). L’enquête se poursuit. Quelque 1.400 suspects ont été identifiés.

Au total, 1,8 million personnes dans le monde se seraient connectées, depuis avril 2022 au site hébergé sur le darknet pour y consulter les vidéos.

« Il s’agit d’actes d’abus sexuels terribles, imaginables et malheureusement inimaginables, commis sur des enfants, de très jeunes enfants, voire des bébés et mis à disposition sur des vidéos avec une très bonne qualité d’image », a déclaré Guido Limmer, directeur adjoint de la police criminelle bavaroise, lors d’une conférence de presse à Munich (sud de l’Allemagne).

38 pays impliqués dans l’enquête

La police bavaroise a dirigé l’opération de démantelement. Elle a impliqué les autorités de 38 pays au total, la plupart en Europe, mais aussi aux USA, au Canada, en Colombie, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Après avoir réglé leur inscription en cryptomonnaies, les utilisateurs avaient accès à plus de 91.000 vidéos d’une durée totale de 6.288 heures. En moyenne, environ trois nouvelles vidéos et demie étaient téléchargées toutes les heures sur la plateforme aujourd’hui désactivée.

C’est grâce au suivi des paiements des utilisateurs que les enquêteurs ont pu remonter jusqu’aux suspects, a précisé Guido Limmer.

« L’identification d’enfants victimes d’abus a constitué un élément essentiel du travail : des enfants victimes d’abus sexuels ont notamment pu être mis à l’abri en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (nord ouest de l’Allemagne) et identifiés dans le Brandebourg (est) », ont précisé les autorités bavaroises.

Elles citent notamment le cas d’un homme de 36 ans originaire de Chemnitz (est) arrêté dès janvier 2024 qui proposait son fils « pour des jeux » et cherchait d’autres enfants sur KidFlix. Son fils a été placé sous la protection de l’aide sociale à l’enfance.

« Les suspects sont des personnes âgées de 20 à 40 ans », a déclaré le procureur Thomas Goger. L’âge moyen est de 31 ans. Le suspect le plus âgé est né en 1948, le plus jeune en 2006. Pour une part importante, il ne s’agirait pas de délinquants occasionnels, mais de personnes qui « séjournent depuis longtemps sur le Darknet », a souligné Thomas Goger.

Source

Incendies à Los Angeles: le bilan humain s’élève à 30 morts après la découverte d’une victime

Les incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier ont duré plusieurs semaines. Ils se sont initialement propagés très rapidement à cause de vents violents, avec des rafales qui ont parfois atteint 160 km/h.

Les restes d’une victime des incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier ont été découverts mercredi 2 avril, portant le bilan humain à au moins 30 morts, près de trois mois après le déclenchement des feux, ont annoncé les autorités locales.

Une équipe du médecin légiste du comté de Los Angeles « s’est rendue aujourd’hui (…) à Altadena », une ville de banlieue, « pour enquêter sur d’éventuels restes humains trouvés sur place », explique un communiqué de ce service.

« À leur arrivée, les six membres de l’équipe d’intervention ont mené une enquête et déterminé que les restes étaient humains », précise la même source. Le bilan des incendies « s’élève désormais à 30 morts », complètent les services légistes.

Une enquête en cours pour déterminer l’origine des feux

Les incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier ont duré plusieurs semaines. Ils se sont initialement propagés très rapidement à cause de vents violents, avec des rafales qui ont parfois atteint 160 km/h.

La ville de Los Angeles va-t-elle devenir inhabitable?

Les flammes ont notamment détruit une grande partie du quartier de Pacific Palisades, où résident de nombreuses célébrités, et de la ville d’Altadena.

Une enquête est toujours en cours pour déterminer comment ils se sont déclenchés. Près de trois mois après cette tragédie, les autorités californiennes sont encore en plein nettoyage des débris, parfois toxiques, des milliers de bâtiments détruits dans la région.

Source

Sur la gestion de la forêt en France, les critiques sévères d’un haut responsable de la planification écologique : « L’Etat subventionne la perte de biodiversité »

Un engin forestier lors d’une coupe rase dans une forêt du Limousin, sur le plateau de Millevaches, à Nedde (Haute-Vienne), le 5 juin 2024. PASCAL LACHENAUD / AFP

Une politique de plantation massive aux « nombreux défauts », une « surdépendance » aux subventions qui « fausse » le modèle économique de la filière, ou encore une confiance « exagérée » dans le secteur du bois-énergie… Ces critiques, sévères, de la politique forestière en France ne sont pas le fait d’une association environnementale. Elles émanent, de manière plus inattendue, du secrétaire général adjoint à la planification écologique. Dans une note publiée mercredi 2 avril par le think tank Terra Nova, Frédérik Jobert, directeur par intérim de l’instance chargée de coordonner les politiques vertes de l’Etat après le départ d’Antoine Pellion, dénonce des « croyances » qui biaisent les politiques publiques et s’inquiète des « débats furieux » qui empêchent toute décision rationnelle.

S’il prend la parole en son nom propre sur le sujet des forêts, c’est parce qu’il estime que les recommandations du secrétariat général à la planification écologique (SGPE), rattaché au premier ministre, ne sont pas suffisamment suivies par le gouvernement. Il déplore notamment l’attitude du ministère de l’agriculture, qui était chargé de ce dossier jusqu’à ce qu’il passe aux mains du ministère de la transition écologique, début 2025. « Le débat s’est tellement radicalisé que nous n’arrivons pas, en réunions interministérielles, à construire des politiques publiques forestières servant l’intérêt général », affirme Frédérik Jobert.

Il vous reste 78.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source