Une lycéenne dans sa chambre à Chisseaux, près de Tours, le 27 mars 2020, au onzième jour du premier confinement. ALAIN JOCARD/AFP
Christophe Tzourio est professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux. Au moment de la pandémie, le chercheur était également directeur du service de santé universitaire. Cinq ans après, il confirme ce que tous les professionnels de santé anticipaient pour la santé mentale des jeunes : en plus d’être plus nombreuses, leurs pathologies sont aussi plus complexes qu’avant, avec des effets à long terme déroutants.
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En 2020, les professionnels de santé redoutaient un effet « bombe à retardement » sur la santé mentale de la jeune génération. Aujourd’hui, peut-on dire que la bombe a explosé ?
Oui, totalement, mais c’est pour le moment une explosion silencieuse. Les chiffres de la santé mentale des jeunes restent médiocres sans que cela n’attire l’attention des décideurs, ni de la population en général. C’est en partie lié à la façon qu’ont les jeunes d’exprimer leur mal-être : il s’agit d’une internalisation. Contrairement à ma génération, qui exprimait sa colère de manière assez bruyante, eux se recroquevillent. C’est donc peu visible pour ceux qui ne les côtoient pas au quotidien.
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